Cette page est publiée dans le cadre d'un travail collectif effectué par les étudiants en 1ère année de Communication à l'IUT2 de Grenoble, devant aboutir à l'exposition "l'Europe, Grenoble et Moi...". Cette exposition se déroulera en mai et juin 2010 dans trois lieux : La Maison de l'International, l'Espace Rhône-Alpes, la Cité de la CAF puis en septembre et octobre à l'espace EVE.
Le SYMBHI, Syndicat Mixte des bassins hydrauliques de l'Isère, a été créé par arrêté préfectoral le 26 mars 2004.
Grâce à lui, les travaux de prévention des conséquences des dangereuses crues de l'Isère, du Drac, et de la Romanche vont enfin pouvoir se réaliser.
Mais ce n'est pas son seul objectif : l'aménagement concerté des espaces naturels associés à la rivière pour un développement équilibré des activités économiques naturelles et de loisirs sera au centre de ses préoccupations.
Le SYMBHI travaillera en effet sur tous les domaines de la gestion intégrée de bassin versant : préservation des milieux naturels
liés à l'eau, gestion des problématiques d'érosion et de transports de sables et graviers, qualité de l'eau des rivières…

Thomas Linossier a 26 ans. Depuis 2 ans qu'il travaille au Symbhi comme ingénieur, il prend à bras le corps le problème de la protection contre les inondations.
Mais il travaille aussi pour la préservation des milieux naturels liés à l'eau (forêts riveraines, marais, bras morts…), il gère les
problèmes d'érosion et de transports de sables et graviers par les rivières, il prend en compte la qualité des eaux de rivière… Bref, pour le SYMBHI, la rivière est un être vivant qu'il faut
étudier et gérer dans sa globalité, sans quoi, attention aux retours de bâtons !
Ce passionné de montagne et de raids multisports est dans son élément au Symbhi.
Depuis longtemps sensible aux problèmes liés à l'environnement et aux cours d'eau, il a suivi des études à l'IUT Génie Biologique à St Etienne, passé un Master Pro Gestion de l'eau et des milieux aquatiques à Marseille et est arrivé naturellement au Symbhi, comme ingénieur, chargé des aménagements environnementaux.
Actuellement, deux projets importants sont sur le bureau et dans l’esprit de Thomas. L’un d’eux a déjà reçu une aide de l’Union européenne (FEDER, Fonds Européens en Rhône-Alpes), l’autre est en attente de réponse.
Le projet Isère Amont concerne 29 communes de l'Isère entre Pontcharra et Grenoble, et près de 300 000 habitants. Les 50 km de digues (sur chaque rive) présentent des brèches et des signes inquiétants de faiblesse. En cas de crues importantes les conséquences peuvent être plus ou moins dévastatrices.
Ce projet présente trois enjeux majeurs :
la protection contre les inondations des zones urbanisées et urbanisables au schéma directeur de l'agglomération grenobloise en redonnant à l'Isère plus d'espace en crue grâce au principe des champs d'inondation contrôlée,
la valorisation environnementale des milieux liés à la rivière en reliant l'Isère aux milieux naturels qu'elle fertilise. Ceci permettra de redynamiser les espaces naturels afin de restaurer le patrimoine extrêmement riche de la vallée du Grésivaudan,
l'appropriation des berges de l'Isère par les habitants à travers le développement des loisirs récréatifs et notamment en favorisant l'accès aux digues et aux espaces naturels contigus.
Ce projet est intégré c'est à dire qu'il prend en compte l'ensemble de ces trois composantes et que pour atteindre ce but, il fait appel à la solidarité de toutes les communes concernées.
Le projet Isère Amont est né de plusieurs constats :
Si la crue de 1859 se reproduisait de nos jours, en tenant compte de la conformation actuelle de la vallée (digues, autoroute, voie ferrée…), les dommages atteindraient 400 à 500 millions d'euros. Pour autant, remonter les digues encore plus haut ne ferait que reporter les inondations plus en aval, et aggraver les dommages en cas de rupture de la digue…
La vallée du Grésivaudan a perdu en 20 ans 30% de sa forêt alluviale. Les digues actuelles, construites au ras du lit de la rivière, l'enserrent et la coupent des milieux qui lui sont normalement associés : forêt alluviale, mais aussi bras morts de la rivière, marais…
Les hommes ont déstabilisé la rivière en prélevant des matériaux dans son lit pour les constructions, et en coupant des méandres : son lit s'est enfoncé à l'amont, et au contraire, a tendance à remonter à l'aval de Domène sous l'effet des dépôts de sables et graviers.
L'Isère constitue entre Pontcharra et Grenoble un axe vert qui est peu valorisé : à l'exception de quelques bases de loisirs situées sur d'anciennes gravières, la fréquentation des berges et digues est peu organisée.
Les crues font partie de la vie d'un cours d'eau. Elles peuvent être liées à différents facteurs, comme la fonte des neiges au printemps ou de fortes pluies, et ne génèrent pas systématiquement d'inondations. En temps ordinaire, les débits s'écoulent entre les digues. Dès lors que la quantité d'eau arrivant dans une rivière dépasse la capacité de ce lit, il y a débordement : c'est l'inondation.
Au cours de l'histoire, l'Isère a connu de nombreuses crues, comme par exemple celles de 1859, de 1948 ou de 1968, dont les inondations ont provoqué d'importants dommages humains et matériels tout au long de la plaine de l'Isère (par exemple, lors de la crue référence de 1859, des hauteurs d'eau d'environ 1.50 m ont été relevées en plein centre de Grenoble).
Aujourd'hui, les digues permettent de contenir des crues moyennes. Pourtant le risque d'inondation reste toujours présent du fait, non seulement des possibilités de crues importantes, mais aussi des risques de rupture de digues.
Un véritable réseau de compétences a été mis en place afin d'assurer les missions d'entretien et de confortement des digues, d'annonces de crues et de gestion des crises. Ce dispositif de prévention consiste, par une série d'actions coordonnées, à diminuer les risques de rupture de digue et à mettre en place des mesures d'urgence en cas d'inondations.

Le risque d'éboulement des Ruines de Séchilienne, dans l'Isère, est connu de longue date et suivi avec une attention particulière de l'Etat depuis 1985. Il affecte le versant sud du Mont Sec, en rive droite de la Romanche à une quinzaine de kilomètres en amont de Grenoble.
L'éboulement est susceptible de couper la Route Départementale 1091 (Grenoble - Briançon par Bourg-d'Oisans et le Lautaret), située en fond de vallée, et surtout de barrer la vallée sur une hauteur importante. L'eau de la Romanche s'accumulant derrière ce barrage naturel créerait un lac, inondant un territoire plus ou moins étendu en amont.

Le danger principal résulterait, dans ce cas, de l'érosion du barrage improvisé : Une fois le barrage plein, la survèrse pourrait inonder très rapidement, selon le volume de la retenue,le bourg de Vizille, les plates-formes chimiques de Jarrie et Pont-de-Claix, voire dans les hypothèses les plus défavorables, l'agglomération de Grenoble (scénarios étudiés par le rapportdu conseil général des ponts et chaussées, Inspection générale de l'environnement dit "rapport Huet 2004").
Depuis 2007, le Symbhi a repris la maîtrise d'ouvrage des parades hydrauliques des Ruines de Séchilienne.
Plusieurs études complémentaires ont été lancées et montrent que le risque semble avoir été sur-estimé. Les paramètres remis en cause sont :
L'hydrologie de la Romanche: Le pic de crue centennale a été dévalué de 880 m3/s à 550m3/s du fait de l'inondation de la plaine de Bourg d'Oisans dans l'état actuel (sans projet d'aménagement) et la prise en compte du rôle des barrages.
Le comportement du barrage naturel: L'hypothèse d'une érosion rapide du barrage est remise en cause par les résultats des essais menés sur un modèle physique réduit.
Le Symbhi fonctionne avec les moyens et services du Conseil général de l'Isère.
Cette idée originale permet d'éviter que cette structure ait à supporter des charges de fonctionnement lourdes. Aussi, le budget de fonctionnement en 2010 représente moins de 10 % du budget du syndicat !
Le Symbhi est logé dans les locaux du Conseil Général de l'Isère, 9 rue Jean Bocq à Grenoble.
Le conseil syndical comprend une vingtaine de membres, dont :
Robert Veyret : Président du Symbhi
Christian Nucci : Premier Vice-Président du Symbhi
Robert Colliat : Second Vice-Président du Symbhi
Une équipe réduite pour une efficacité recherchée
Un Directeur : le Directeur de l'Aménagement du Territoire du Département de l'Isère,
Un Directeur adjoint : le Chef du service "Eau" du Conseil général de l'Isère,
Un responsable du pôle maitrise d'ouvrage,
Un chef de projet Romanche,
Un ingénieur chargé des aménagements environnementaux,
Deux assistantes administratives.
Et elle s'appuie sur tous les services du Département : communication, finances, marchés publics…
Pour en savoir plus : http://www.symbhi.fr
photographies © vincent costarella (sauf Séchilienne)
Toutes les photographies dans l'album "symbhi"